A la UneActualitésSociété

Le Kadd ou le rendez-vous médicamenteux manqué par le Sénégal

Société

SANTE – Malaria Business, le film du Belge Bernard Crutzen au programme du Festival Ciné Droit Libre se tenant à Dakar du 27 Novembre au 1er Décembre 2018, raconte l’histoire de l’Artemisia (Ndlr : Kadd, en ouolof se trouvant dans la région de Thiès), une plante miracle contre le Paludisme dont les vertus connus des moines de Keur Moussa ont été longtemps cachées aux Sénégalais pour des raisons évidentes que l’industrie pharmaceutique étrangère a tout fait pour qu’on n’en entende pas parler.

L’Afrique a un gros souci a se faire avec sa santé, tout comme le Sénégal, et pourtant ce ne sont pas les plantes et remèdes qui manquent sur le continent pour trouver des solutions à son problème. Mais comme les gouvernements sont d’une extraordinaire apathie quand il s’agit de la recherche dans un domaine aussi crucial que la santé, on ne peut que regretter que le Sénégal n’ait pas exploité son Artemisia ou Kadd qui aurait déclenché la révolution sa de politique sanitaire.

Il faut savoir que le principe actif Artéméther, arrivé au Sénégal dans les années 1990 à la suite d’un bras de fer entre les pro-Chloroquine (la spécialité la plus connue était Nivaquine) et les anti-Chloroquine qui s’opposaient sur la prise systématisée à l’époque de cette substance comme traitement préventif, présomptif et curatif. Les laboratoires s’étaient fait leur beurre au détriment de nos foies africains et Sénégalais. Faut-il s’étonner dès lors du développement de l’Hépatite sous nos cieux ?

Pour en revenir à l’Arthémther, c’est  est un sel dérivé d’un extrait d’une plante chinoise Artemisia annua, anciennement connue, utilisé depuis une trentaine d’années dans le traitement de l’accès paludique. Selon Wikipédia, il est un schizonticide puissant qui possède une activité rapide contre les formes sanguines de P. falciparum et P. vivax.

Dans son texte à la Une, iGFM indique qu’en 2017 encore, le paludisme) « continue de tuer un enfant toute les deux minutes. le parasite qui la provoque devient résistant aux médicaments, les moustiques contournent les moustiquaires, et le vaccin promis pour 2018 s’avère décevant ».

« Pendant ce temps, des chercheurs africains, américains et européens révèlent qu’une simple tisane d’Artemisia peut prévenir et soigner le paludisme. Utilisée depuis deux millénaires en Chine, cette plante est pourtant déconseillée par l’OMS et interdite en Belgique », explique Bernard Crutzen l’auteur du film, Malari Business rencontré en marge du Festival Ciné Libre à Dakar, explique iGFM.

« L’Artemisia est une plante dangereuse, interdite en France et en Belgique. Pourtant, des chercheurs, des médecins et des associations militent pour son utilisation à grande échelle dans la lutte contre la malaria. L’Artemisia ne semble dangereuse que pour ceux qui font de la malaria un business » soutient-il, continue le site d’information.

Et comment pourrait-il en être autrement devrait-on plutôt se demander. Cette plante ne poussant probablement pas sur les terres abritant les industries phamaceutiques. Mieux encore, ces plantes poussant sans, à l’état sauvage sur des surface à perte de vue. Quelle valeur ajoutée dans la chaîne de valeur des dites industries. Rien à gagner.

En racontant l’histoire de l’Artemisia et de ceux qui se battent pour que cette plante soit largement diffusée, Malaria Business met au pied du mur les institutions qui tentent de lutter contre le paludisme depuis 50 ans et ouvre un nouveau champ des possibles dans la lutte contre le paludisme », Harouna Fall de iGFM.

Pourtant, « les propriétés et bienfaits de cette plante sont énormes. Elle soigne le paludisme, la fièvre, les maux de tête, la constipation, les règles douloureuses, l’acidité de l’estomac, la bilharziose, l’ulcère de Buruli, tuberculose, le diabète de type 2… », rapporte-t-il.

« La personne atteinte du palu doit consommer 5 gr d’Artemisia annua pendant 7 jours. Après 2 jours, la fièvre est descendue et après 5 jours le patient ne montre plus de signe de palu », poursuite le journaliste.

Cela, il importe de savoir aussi que l’utilisation continue de monothérapies à base d’artémisinine par voie orale est « considérée comme un facteur majeur contribuant au développement de la résistance à l’artémisinine et ses dérivés ».

Ciné droit libre est un festival de films sur les droits humains, qui vise la sensibilisation, la « conscientisation » et l’incitation à l’action de la jeunesse et des peuples africains.

Il couvre les droits au sens large s’appesantissant aussi bien sur les droits économiques sociaux et culturels que sur les droits civils et politiques avec une particularité la distinguant des autres festivals qui est sa tryptique « un film, un thème, un débat ».

D’année en année, il connait une ascension fulgurante dans la sous-région ouest-africaine et même au-delà et ambitionne l’extension de son réseau qui se présente comme suit de nos jours.

Le film a reçu le Prix de la presse et de la critique au RamDam Festival 2018 (le festival du film qui dérange) Tournai (Belgique), le Prix du Public + Prix « Reporters sans frontières » au FIGRA 2018 (Festival International du Grand Reportage d’Actualité et du Documentaire de Société) et le Prix du Développement durable au Festival Vues d’Afrique (Montreal) Avril 2018.

Maderpost avec iGFM

Articles relatifs

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Close