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Maestro (Chronique)

Fini le réchauffé politique servi sans scrupule. Terminé les déclarations fantaisistes. Les candidats savent qu’ils sont épiés, surveillés, évalués.

CHRONIQUE – Magistral ! Il n’y a pas à dire. Les Sénégalais sont bons. Costauds. Indémontables. S’il en y en a qui ont compris que la campagne électorale n’est rien d’autre que la période durant laquelle les candidats et leurs partis font la promotion en vue de récolter le plus grand nombre de voix possible, c’est bien eux. Qui ont décidé, calés dans leur rond de cuir, chaise, natte ou banc, de suivre, après avoir vaqué à leurs occupations principales sources de revenus et donc de leur dignité, les compétiteurs électoraux, qui quel que soit le camp, ne demandent qu’à prendre possession de leurs contributions en vue de dérouler leur projets.

Si ce n’est la maturité, il est vrai obtenue à prix de vies humaines, de luttes démocratiques encagées par les populations, la société civile et des partis historiques, qu’est-ce alors ?

Il suffit d’écouter les candidats, n’importe lequel d’entre eux, pour savoir que l’ère des promesses est révolue. Comme celle de toutes les certitudes. Désormais, il ne s’agit plus de prendre les populations pour des moutons de panurge et leur faire prendre des vessies pour des lanternes. Ils sont devenus prudents et font attention, très, à ce qu’ils disent et ce qu’ils font.

Fini le temps des annonces fortes et galvaudées. Fini le réchauffé politique servi sans scrupule. Terminé les déclarations fantaisistes. Ils savent qu’ils sont épiés, surveillés, évalués. Les réseaux sociaux, les sites en ligne. La révolution digitale et passée par-là et ce ne pas les Sénégalais qui s’en plaindront.

Grands vainqueurs de cette campagne électorale, ils dictent aux candidats leur loi. A prendre ou à laisser. Ils ne se feront pas berner. Mieux, ils se feront désormais entendre. Il est heureux que les candidats aient compris cette mutation et comprennent que c’est à eux qu’il convient maintenant de muer afin de devenir bien meilleurs qu’ils ne l’étaient et de proposer enfin des projets de société rationnels conformes aux us, coutumes et valeurs des Sénégalais.

Désormais pour les candidat, il s’agit, en ce qui concerne par exemple le président-sortant, candidat à sa propre succession, Macky Sall, de montrer toute sa capacité de gestion, son expérience des affaires tirée de l’exercice du pouvoir, l’exclusion de l’improvisation dans son magistère. Sa capacité à faire rêver en plus de la présentation de son bilan.

Pour Idrissa Seck, dont la résilience est attendue à la suite du choc traumatique provoqué par son emprisonnement à Rebeuss (du 23 juillet 2005 au 7 février 2006), des pressions de la présidentielle 2007 lui invitant à rejoindre Me Wade et sa déconvenue entérinée par la brillante victoire de Macky Sall à laquelle il ne s’attendait sûrement pas en 2012, de montrer qu’il est toujours aussi talentueux que porteur d’idées fortes et projets avant-gardistes.

Pareil pour le phénomène Ousmane Sonko qui, s’il a certainement donné à l’opposition la plus grande vitalité qu’on n’ait vue depuis un certain Me Abdoulaye Wade. Après avoir vite appris et organisé une véritable démonstration de capacité contradictoire, significative, voire impétueuse au point de se faire le chantre de l’anti-systême, se doit d’aller plus loin. De montrer son talent. Montrer qu’il est capable de mener le Sénégal à bon port du haut de ses 44 piges naturelles.

Tout comme pour le « religieux » et non moins homme politique moderne, Issa Sall, qui a suffisamment fait ses classes dans le monde politique et les cercles de décisions d’inviter les Sénégalais à adhérer à ses projets qui n’ont rien de fondamentalistes.

L’opération de charme de Me Madické Niang répond aux mêmes exigences. Il ne s’agit pas de vendre aux électeurs son appartenance à une communauté ou encore son ancrage au PDS fissuré, mais d’influencer les électeurs afin qu’ils prennent rendez-vous avec son projet de société.

Sans tambours ni trompette, les Sénégalais ont dit ce qu’ils attendent des politiques.

Rien de sanglant, rien de sanguinaire et surtout pas le sang de « patriotes » versé lundi à Saint-Louis par des supposés casseurs de Bennoo Bokk Yakaar. Ils veulent autre chose que les «indignations», «accusations», «contre-accusations», « auto-victimisation». Ils veulent bien plus que la faiblesse des discours constatés depuis le début de la campagne. En bons observateurs, ils attendent de voir le plus talentueux, le meilleur des cinq, pour le porter au pinacle, le 24 février ou au second tour. Qui l’eut dit. Sacrés Sénégalais !

iGFM/Charles FAYE

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