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Un climat de tension couve au Niger après l’élection présidentielle

La situation à Niamey reste sous contrôle, malgré les appels lancés par l’opposition, qui conteste la victoire de Mohamed Bazoum.

ELECTIONS NIGER -En ce jour de grande prière hebdomadaire, les agents municipaux de la voirie de Niamey balayaient de-ci de-là les restes charbonneux de pneus calcinés ; ramassaient les centaines de cartouches vides de gaz lacrymogène, tirées par la police contre des groupes de jeunes manifestants ; repoussaient sur les bas-côtés les pierres, branches ou souches d’arbres ayant servi à barrer sporadiquement certains axes routiers de la capitale nigérienne.

Vendredi 26 février, trois jours après l’annonce de la victoire à la présidentielle du candidat du pouvoir, Mohamed Bazoum, la capitale nigérienne avait les apparences de la normalité. Mis à part le ballet des gilets jaunes de la mairie, tout était redevenu quasiment ordinaire à Niamey, ville rétive, fief d’une opposition qui qualifie ce résultat de hold-up électoral.

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Vers le grand marché de la ville, les milliers de fidèles priant à même le goudron autour des mosquées se sont dispersés dans le calme, sous le regard de forces de sécurité antiémeute nonchalamment installées aux points stratégiques.

Quelques petits groupes ont provoqué de brèves échauffourées dans les quartiers excentrés de la ville. Mais, objectivement, les appels lancés sur les réseaux sociaux « afin de tenir des manifestations gigantesques pour exiger la vérité des urnes » n’ont pas atteint leur but. L’annonce de la victoire de l’ancien ministre de l’intérieur – 55,7 % des voix, devant l’ex-président Mahamane Ousmane (44,2 %) – par la Commission électorale nationale indépendante n’a pas non plus embrasé la ville. Les départs de feu aux quatre coins de Niamey n’ont jamais convergé pour dégénérer en un vaste incendie.

« Discours annonciateurs »

Au dire des autorités, c’est pourtant ce que recherchait l’un des principaux dirigeants de l’opposition, Hama Amadou. Opposant le plus populaire du pays, le leader charismatique du Moden Fa Lumana Africa n’avait pu tenter à nouveau sa chance à la présidentielle de 2021, après avoir été écarté de la course par la Cour constitutionnelle en raison d’une condamnation récente à un an de prison pour trafic d’enfants.

Faute de concourir, il avait donc appelé à voter pour Mahamane Ousmane, permettant à celui qui fut, en 1993, le premier président du Niger indépendant élu démocratiquement – avant d’être renversé par un coup d’Etat trois ans plus tard –, d’aller au second tour, malgré la concurrence de 28 autres opposants à Mohamed Bazoum

Maderpost/ LEMONDE

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