Ode à la vie

On ne va pas tous mourir du COVID 19, et il va bien falloir envisager la sortie de crise. Difficile d’être enthousiaste dans le contexte d’aujourd’hui mais c’est un virage à négocier et à ne surtout pas rater pour réussir au mieux la sortie de crise.

Par Abdoulaye Cissé !

Il va falloir comme tous les autres pays imaginer déjà la sortie de crise. Ce n’est pas très tôt. Mais pour une fois dans cette crise sanitaire nous avons une carte à jouer, et ne pas être attentiste ou tout juste des suivistes de ce qui se fait ailleurs. Il faut bien se rendre compte que personne n’a la vérité, le process infaillible sur la façon d’en sortir demain.

Alors, on n’est surtout pas obligé de reproduire les mêmes modèles en expérimentation.

Il est à regretter, et j’en suis presque jaloux, que cette molécule miracle de l’hydro chloroquine ait été réinventée ailleurs alors que personne ne la connait mieux que nos professionnels de santé qui en avait la prescription facile au point d’en avoir fait gerber tous les trentenaires et plus à la seule évocation des signes de saisons du paludisme.

Si on est d’accord que cette crise sanitaire est un révélateur de tous les talents dont disposent le pays dans le milieu de la santé et de la recherche médicale, c’est là où on les attend les chercheurs et les experts en santé publique. De chercher, et surtout de trouver. S’il le faut avant tout le monde. D’autant que le jeu est ouvert et les dès à la portée de tous.

C’est ce même suivisme qui nous a fait répéter dans le discours officiel que la généralisation du port du masque ne servait à rien.

L’humanité entière est en train de se raviser sur la question.

Et je vois venir la pirouette dans le discours officiel pour nous inciter demain à porter des masques, même de fabrication artisanale.

C’est là que devient intéressant. Plutôt que de reprendre ce que nous avions entendu ailleurs et qui était juste un discours de circonstances, car un gouvernement qui n’a pas fait de stock de masques n’avait aucun intérêt à promouvoir le port du masque pour sa population. Si on était avant-gardiste, on aurait déjà relancé la formidable machine à coudre de nos tailleurs de tous les coins de rues et même des ateliers de nos grands couturiers qui peuvent se reconvertir dans la circonstance.

C’est aussi dommage que nos chercheurs ne développent pas le prototype du bon masque fait maison que nos tailleurs vont répliquer en milliards d’exemplaires.

On peut bien rêver d’être exportateur de masques au 4 coins du monde si tout ceci est encadré. Personne n’imagine sortir du confinement sans la mesure de prudence que chacun se protège et se préserve et préserve l’autre en face avec un masque.

C’est maintenant qu’il faut relancer cette économie, et non demain quand les grandes usines du textile du Bengladesh en Indonésie vont tourner à plein régime pour la terre entière, et l’occident en premier. Nous avons une partition à jouer dans la guerre des masques.

Dans la même perspective, il faut bien que nos chercheurs nous expliquent, et surtout qu’ils trouvent pourquoi nous sommes encore si épargnés : touchons du bois.

On ne va pas se mentir entre nous : ça ne tient pas qu’à notre simple dispositif de riposte. Impossible !

Si ce n’est pas nous qui trouvons l’explication rationnelle qui défiera la science, c’est un petit blanc d’une petite unité de recherche de province là-bas en France, de la Terre-neuve-et-Labrador du Canada ou dans le Delaware aux États-Unis qui viendra nous expliquer pourquoi, pourquoi, pourquoi . . .

Sans croire qu’on a une quelconque forme d’immunité, la preuve la première victime et éternel numéro 1, est un des nôtres, repose en paix Pape Diouf. Éternel winner, même pour mourir, il choisit d’être le premier. Sacré bonhomme.

Ce serait aussi le meilleur hommage à nos morts si on était les premiers à découvrir à quoi tient ce semblant de résilience que nous avons face au COVID 19.

Qui peut croire que c’est le couvre-feu, comme si le virus ne se balade que le soir ?

Qui peut croire que nous sommes disciplinés et respectons à la lettre les consignes des mesures barrières : la fluidité de la circulation est un trompe-l’œil à Dakar. Dans beaucoup de quartiers, rien n’a changé. Notre semblant de résilience au virus, tient peut-être à bien autre chose.

Restons tout de même vigilant, pour ériger encore plus de barrière à la propagation du virus.

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