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Une anglophone pour diriger les francophones

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FRANCOPHONIE – Réunie à partir de ce jeudi à Everan, pour nommer à la tête de leur organisation une autre femme, la Rwandaise Mme Mushikiwabo dont le pays a tourné le dos au français pour l’anglais, pour succéder à la Canadienne Michaëlle Jean, les Africains francophones surprennent une fois de plus leur monde.

Maderpost apprend ainsi que la nomination de la Rwandaise, à la tête de l’Organisation internationale francohone (OIF) est une victoire africaine après la surprenante nomination de la Canadienne que bon nombre d’observateurs avaient dénoncé comme une « imposition » des puissances francophones.

Jean-Claude de L’Estrac malheureux candidat mauricien pourtant porteur d’un projet africain lors des joutes de 2014, affirmait à Jeune Afrique après sa défaite que « la Charte de l’Organisation n’a pas été respectée et que le nouveau secrétaire général a été désigné et imposé par une entente diplomatique entre la France et le Sénégal ».

Une pique qui n’avait pas manqué de faire pointer du doigt le Président Macky Sall devenu du reste un peu plus étroit dans le continent.

« L’on ne peut pas prétendre promouvoir la démocratie dans l’espace francophone et utiliser les méthodes despotiques à l’ancienne pour imposer un candidat suite à des tractations secrètes », s’en était ému le Mauricien, mentionnant que l’article 6 de la charte de l’OIF qui prévoit que le secrétaire général doit être choisi dans le cadre d’une élection.

« Si des élections en bonne et due forme avaient été tenues, le résultat aurait été tout autre », avait-il dit avant de déplorer que les quatre autres pays africains en lice avec le Canada aient retiré leur candidature.

« Partout où je me suis trouvé en Afrique, tous les dirigeants politiques rencontrés n’ont eu de cesse d’affirmer que le poste de secrétaire général devait être occupé par un représentant des pays du sud, un Africain s’entend », disait-il, regrettant ainsi la décision des pays africains, « incompréhensible, inexpliquée et inexplicable ».

Pour lui, il était clair que les pressions de la France ont eu raison de la « faiblesse africaine ».

 « L’île Maurice avait « toutes les raisons de se sentir trahie », disait-il.

2014 loin derrière, il se dit que la désignation probable, vendredi par consensus, de la candidate rwandaise à la tête de l’organisation est une satisfaction pour les Africains avaient vu ce poste leur échapper il y a quatre ans, alors que les deux prédécesseurs de Mme Jean étaient issus du continent. Mme Mushikiwabo, d’abord adoubée par Paris, a reçu en juin dernier le soutien de l’Union africaine, présidée cette année par le Rwanda.

La ministre rwandaise des Affaires étrangères a le chemin libre depuis que le Canada a annoncé, avec le Québec, qu’il retirait son soutien à la secrétaire générale sortante, la Canadienne d’origine haïtienne Michaëlle Jean, qui briguait un nouveau mandat.

La candidature Mushikiwabo pourrait faire l’objet d’un consensus, mais elle ne fait pas l’uninamité, rapporte Rfi sur son site internet. Le rapport complexe du Rwanda avec la Francophonie fait notamment débat. En 2008, Kigali a remplacé le français par l’anglais en tant que langue obligatoire à l’école, puis a rejoint le Commonwealth. « Y a-t-il au monde un pays moins bien placé que le Rwanda pour prétendre présider aux destinées de la francophonie linguistique ? Sans doute pas », écrivaient mi-septembre dans une tribune quatre anciens ministres français.

Maderpost avec iGFM

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