ActualitésInternational

Michaëlle Jean Vs Louise Mushikawabo, pour devancer demain

Election SG francophonie octobre 2018

OPINION – Au moment où le terrorisme jihadiste d’inspiration salafiste déchire les pays francophones d’Afrique de l’Ouest et du Centre; au moment où l’immigration irrégulière vide de plus en plus des pays d’Afrique francophone de sa jeunesse; au moment où les crises politiques minent le reclassement économique de nos pays; au moment où le sous-emploi et le chômage des jeunes sont une bombe à retardement pour la paix sociale dans les espaces africains de langue française, c’est dommage de constater que la voix de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) est restée inaudible.

Sous le Secrétariat de Mme Michaëlle Jean, l’OIF a manqué de Contenu et un Sens, en termes de vision stratégique et d’un programme à la hauteur des défis de son temps. Sous le magistère de Mme Michaëlle Jean, de 2014 à 2018, l’OIF est restée à la périphérie des enjeux géopolitiques, géo-économiques et des mutations et crises qui secouent le monde notamment en Afrique francophone, le berceau de l’OIF et le lit du monde de l’économie globalisée qui est à la fois totalité et morcellement.

Mais voilà, toute cette situation est à mettre au débit du président François Hollande, lui qui en 2014, a fait fi des recommandations des diplomates du Quai d’Orsay à l’époque, et a rompu le pacte de Hanoï, une sorte de ‘’gentleman agreement’’ parce qu’une règle non écrite qui faisait que le poste de Secrétaire général de l’OIF devrait toujours échoir à l’Afrique. Quoique l’Afrique francophone ait été incapable à s’entendre sur une candidature unique.

Rétablir le pacte de Hanoï brisé par le président François Hollande

Pour remettre les choses à l’endroit en Octobre 2018 lors de l’élection au poste de Secrétaire général(e) de l’OIF, la France sous le président Macron, a décidé de parrainer la candidature du Rwanda portée par son Ministre des Affaires étrangères, Son Excellence Mme Louise Mushikawabo.

Par ce geste et pour la France qui a acté en haut lieu la candidature de Son Excellence Mme Louise Mushikiwabo, le critère géopolitique (normalisation des relations franco-rwandaises) passe avant le critère géo-linguistique (le Rwanda était un pays francophone devenu officiellement un pays anglophone).

Le but de la manœuvre pour l’Elysée en parrainant la candidature du Rwanda, est de procéder au solde de tous comptes et définitivement avec le pays des mille collines, l’attitude fort discutable de la France dans le génocide rwandais de 1994 qui a fait 800.000 morts selon l’ONU et plus de 1 million de morts selon l’État du Rwanda.

Pour un rapprochement entre le Rwanda (S.E Mme Louise Mushikiwabo) et l’Ile Maurice (S.E.M Jean Claude de l’Estrac)

C’est ainsi que le Think Tank Africa WorldWide Group (www.africaworldwidegroup.org) suggère, fortement, au gouvernement rwandais et à la candidate Son Excellence Mme Louise Mushikiwabo, de s’approcher du gouvernement mauricien et de S.E.M Jean Claude de l’Estrac, dont le programme de campagne à l’élection au poste de Secrétaire général de l’OIF en 2014, fut reconnu de toutes et de tous, dont Mme Michaëlle Jean ‘’herself’’ , comme le programme la plus séduisante et le plus en phase pour relever les défis que le Temps pose à l’OIF.

Un programme qui consolide et réaffirme la Culture comme repère d’ancrage et de proximité de l’OIF, complété par une dimension fortement Économie par le biais de l’industrialisation et de la transformation des économies africaines francophones, et assis et ceinturé par la recherche de la Paix et de la Sécurité collective comme préalable à tout Développement.

La plus-value du programme de S.E.M Jean Claude de l’Estrac, tient à la place qu’elle accorde à la dimension économique de la Francophonie. Surtout que l’homme estime que la gestion réussie des diversités culturelles (mission première de l’OIF), est le préalable indispensable à la croissance économique et à l’emploi. Le projet de S.E.M. Jean Claude de l’Estrac pour la Francophonie, fait la part belle à l’Économie tout en se proposant de consolider « le magistère d’influence » culturel et politique de l’organisation, notamment par la création d’une Agence Francophone de Promotion de l’Industrialisation et d’un Observatoire des Diversités Culturelles.

Enfin, l’expérience de l’île Maurice pourrait être une boussole pour toute la francophonie, non seulement du point de vue de la gestion réussie des diversités culturelles, mais aussi, du développement économique. Les deux étant intimement liés.

Rebobinons le film de l’OIF: Il était une fois, l’ACCT

En 1970, date de sa création à Niamey (Niger), l’ACCT (Agence pour la Coopération Technique et Culturelle) devenue l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) en 1995, avait comme cœur de métier, la promotion de la Diversité linguistique et culturelle, en faisant de telle sorte que l’Humanité ne bascule pas d’une Mondialisation qui fait la part belle aux Diversités, vers une Globalisation qui est en cours et qui impose un universalisme dominant (une dictature linguistique, culturelle, juridique, sécuritaire et économico-financier).

En 1997, à Hanoï (Vietnam), soit 27 ans après sa création, la Francophonie allait faire sa première Renaissance, en complétant à sa mission première et fondamentale (la promotion des diversités Linguistiques et Culturelles de l’Humanité), la prise en charge de la Politique (Gouvernance, Droits Humains) et du Sécuritaire (les menaces globales  »irrédentisme religieux, environnement, développement durable… »).

En 2014, à Dakar (Sénégal), soit 17 ans après sa première Renaissance, la Francophonie avait l’occasion de faire sa deuxième Renaissance, en se mettant en phase avec la marche du monde, en prenant à-bras-le corps, la question du Marché et de l’économie globalisée. La Francophonie allait ainsi devenir, une organisation « sociale totale » pour parler comme le sociologue Marcel Mauss. Parce qu’elle, la Francophonie, allait avoir désormais, à la fois, un agenda Culturel, Linguistique, Politique, Sécuritaire mais surtout Économique. C’était aussi tout l’enjeu et le rendez-vous manqué du sommet de Dakar, du 29 au 30 Novembre 2014.

Le modèle anglo-saxon a très tôt compris que pour dominer le monde dans la durée et dans la perspective, il faut aussi investir dans les deux  »E »: l’Économie (le Marché et la Monnaie) et les Écrans (l’Information et la Communication). Seulement, là où la Francophonie (issu du modèle gréco-germano-latin) est en avance sur le modèle anglo-saxon, c’est au niveau de sa fondation et de sa structuration, parce qu’en termes de dissémination, les forces sont en égalité parce que le français et l’anglais sont les deux seules langues au monde qui sont parlées sur les cinq continents.

Au niveau de la fondation, l’avantage comparatif et distinctif de l’OIF sur le Commonwealth est le fait que la Francophonie est bâtie et construite sur une fondation solide: la Culture. Alors que le Commonwealth est bâti et construit sur une fondation mouvante: l’Économie de Marché, avec sa volatilité et ses dérives.

Au niveau de la structuration, la Francophonie est bien présente et vivante aussi bien qu’au niveau des institutions culturelles qu’au niveau des institutions linguistiques, académiques, universitaires, environnementales, sportives etc… Ce qui fait que la Francophonie a déjà réglé et a déjà tissé le Lien. Elle lui reste à aller à la conquête du Bien. Et dans le nouveau business model géo-économique (Économie des Services à la personne) en ligne de mire, il faudra tisser et nourrir le Lien pour accéder et conquérir le Bien.

Siré SY, Président du Think Tank Africa WorldWide Group

www.africaworldwidegroup.org

Articles relatifs

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code

Voir aussi

Close
Close