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Les Wade, Sonko, l’opposition… : Abou Abel Thiam dit ses vérités

Politique

PRESIDENTIELLE – Dans cet entretien accordé à Seneweb, Abou Abel  Thiam président du conseil d’administration de l’ARTP, revient sur les réalisations et ambitions du Président Macky Sall et dit ce qu’il pense de l’opposition.

Thierno Alassane Sall et Ousmane Sonko accusent le Président Sall de mauvaise gestion du gaz et du pétrole. Quel est votre avis sur cette question.

La découverte de gisements de pétrole et de gaz braque sur le Sénégal des intérêts et convoitises de toutes sortes. De l’interne comme à l’étranger, notre pays est devenu un point de fixation d’un faisceau d’intérêts, d’ambitions et d’attentions. Dans de telles conditions, avec les mécanismes de contrôle et de vérifications qui sont à la portée de quasiment tout le monde, et compte tenu de l’énormité des intérêts financiers en jeu et des moyens des industries majors qui interviennent dans ce secteur, tout acte contraire à la transparence aurait fait l’objet d’un scandale aux relents internationaux. Ce n’est pas le cas !

D’ailleurs, il suffit de produire l’effort de vérification sur le site Internet du gouvernement du Sénégal pour avoir l’essentiel des documents et contrats afférents au sujet, et ainsi vérifier que de telles accusations sont sans fondement.

Cela dit, l’on ne peut empêcher des opposants, deux en particulier sur ce sujet-là, de faire dans le populisme, l’amalgame, les raccourcis légers et la démagogie pour tenter de se construire un destin politique par la pollution de l’esprit des populations.

Vous pensez que si le gouvernement du Président Sall avait quelque chose à se reprocher sur ce sujet, il pousserait l’auto-flagellation au point d’accueillir à Dakar, cette semaine-ci, du 31 octobre au 02 novembre, des assises internationales de l’ITE (Initiative internationale pour la Transparence dans les industries Extractives) ? Soyons sérieux !

Le Fonds monétaire international (FMI) prédit un déficit de 115 milliards CFA de recettes, fin 2018. N’est-ce pas dramatique ?

Vous évoquez là une somme très importante, en effet, si c’est le cas. Personnellement, le sujet échappe à ma maîtrise. Ce que je puis en dire, tout au plus, c’est que si tout le monde s’acquittait de ses devoirs fiscaux, on ne connaîtrait pas de grand déficit. Et que ceux qui sont aux responsabilités de nos finances n’ont qu’à jouer pleinement leur rôle.

Samuel Sarr fait état de l’existence de trois (03) fichiers électoraux. Votre commentaire là-dessus ?

A part l’écho médiatique que vous lui donnez ainsi, quelle peut être la légitimité de Samuel Sarr à faire une déclaration de ce genre?

Il faudrait lui demander depuis quand existeraient ces fichiers qu’il évoque. Seraient-ils récents ou dateraient-ils du temps où il sévissait à la direction de la Senelec ou au ministère de l’Energie avec les rationnements de l’énergie électrique de sinistre mémoire ? Dites-lui que l’Etat du Sénégal, l’administration de notre pays, n’est pas dans le brigandage pour faire des tours de passe-passe électoraux au profit de qui ce soit. Il est en retard, le bonhomme. Il parle de pratiques artisanales pour un pays qui est dans un environnement de robotique. C’est comme s’il évoquait une double clé pour accroire l’idée d’un cambriolage, alors que le Sénégal est à l’ère du coffre-fort à blindage hyper sécurisé par un code ultra moderne pour préserver son processus électoral. Ce débat est dépassé, sauf pour lui.

Le leader de Pastef se dit victime d’attaques malsaines venant du régime dans le but d’arrêter son ascension vers le palais. Que vous inspire cette déclaration ?

Si nous n’étions pas dans un pays majoritairement analphabète, certaines franges de la population étant poreuses à la manipulation, de telles déclarations m’auraient fait rire, tellement elles sont fausses et loufoques.

Malheureusement nous sommes dans un pays où étrangement, mêmes des insulteurs publics sont starisés.

Dans un tel contexte, le populisme et la victimisation, par le moyen des fausses infos dans les réseaux sociaux notamment, sont poussés à un degré dangereux pour notre pays. L’on est allé jusqu’à utiliser honteusement le décès d’une dame suite à une agression crapuleuse pour en faire un thème politique, avec des accusations graves et mensongères. Tout cela pour faire du buzz ! Voyez-vous, cette réalité est tellement prégnante que l’académie française vient d’adopter dans le dictionnaire le vocable infox, pour traduire les fausses informations visant à intoxiquer les esprits, par le moyen des réseaux sociaux.

Toutes les sorties de ce monsieur relèvent de cette stratégie. L’opinion publique s’en rend compte d’ailleurs de plus en plus, l’excessif et la durée dans l’excessif finissent par éclairer les esprits.

Attention : la démocratie est un organe vivant, le nourrir de mensonges équivaut à lui inoculer du poison.

Hélas, au Sénégal comme ailleurs dans le monde, apparaissent des hommes politiques qui misent sur les raccourcis, les approximations et les amalgames simplistes : tous les arguments et moyens sont bons pour eux. Avec la manipulation des esprits, il y en a qui arrivent à leurs fins électoralistes. Par la suite, les peuples découvrent la vérité, assez vite,  mais trop tard… Le monde  vit actuellement une période grise, comme après la crise de 1929 qui avait vu émerger des profils politiques comme ceux-là, avec les résultats que l’on connait.

L’ancien Président Abdoulaye Wade et son fils, le candidat du PDS, Karim Wade, sont annoncés à Dakar. Nourrissez-vous des craintes à ce propos ?

Lorsqu’Abdoulaye Wade était chef de l’Etat, président de la République, son fils ministre du ciel et de la terre, je fais partie des grognards de Macky Sall, les pionniers de l’aventure républicaine qui les a terrassés… Comment voulez-vous que je les craigne ? La seule chose que je crains de ce retour tant de fois annoncé et repoussé, c’est pour l’image de mon pays. Je relève que cela commence à friser le mépris du peuple : depuis 1974, il ne s’est pas déroulé une seule élection pour laquelle Abdoulaye Wade n’a pas pensé qu’il est le meilleur profil sénégalais. Au passage, retenons que la candidature de son fils n’était que judiciaire : annoncée prématurément, elle relevait seulement du stratagème consistant à politiser le dossier judiciaire de son fils. Lequel fils, je le rappelle, n’a réalisé qu’il pouvait être sénégalais qu’en 2002, une fois son père arrivé au pouvoir. Ce qui veut tout dire ! Que l’on me dise donc ce que ce fils-là a été, a représenté, sans son père… Attendons qu’il s’affranchisse de la tutelle paternelle pour le prendre au sérieux, jamais le craindre.

Abdoulaye Wade menace de se suicider si Karim Wade était arrêté à son arrivée. Le croyez-vous capable de cela ?

Je disais tout à l’heure que ma seule crainte avait trait à l’image de notre pays.

Cela fait mal au coeur d’entendre l’ancien chef de l’Etat, Abdoulaye Wade, avec tout ce qu’il représente pour le Sénégal, faire dans le chantage, qu’il soit affectif ou agressif, ou les menaces contre la République, contre l’Etat ses lois et ses institutions. Qu’il sache qu’aucun passage en force ne va prospérer. L’Etat ne se laissera pas surprendre, je l’espère.

Il faut que Wade nous aide à garder le respect que nous lui devons. Il devrait apprendre, définitivement, que l’Etat ne se laissera pas menacé, que la République fera face à toute tentative de déstabilisation d’où qu’elle provienne.

Est-il possible de parler d’émergence dans un pays où la dette intérieure atteint 400 milliards Fcfa ?

C’est aux populations de dire si le pays est en bonne voie ou non. Demandons aux agriculteurs, ils évoqueront les productions qui ont, en 6 ans, augmenté de plus de 150 % en riz, mil, arachide etc. ; les ménages, les artisans et les industriels diront que les coupures d’électricité sont passées de 900 heures en 2011 à 85 heures en 2014, et 3 heures en 2018 ; les habitants des banlieues dakaroises parleront des inondations en termes de souvenirs douloureux ; les familles religieuses montreront les infrastructures de prières et d’hébergement ; les pays voisins parleront de nos relations devenues normales ; nos compatriotes de Casamance exhiberont les ouvrages de désenclavement de la région ; nos forces armées, les équipements pour notre sécurité… Je ne parle pas du TER, de l’acquisition d’avions pour notre compagnie aérienne, de l’augmentation des salaires et des salariés, la baisse des impôts, le soutien aux foyers les plus démunis, les infrastructures sanitaires, je n’évoque pas Illa Touba, la réfection de la RN2, les nouvelles routes… Tout cela sans parler des investissements à Diamniadio et compte non tenu des nouvelles infrastructures sportives… Et, je vous rappelle, pour rire, que je cite tout cela de mémoire, n’étant pas ministre du PSE ni en charge d’aucun de ces secteurs….

Certains Sénégalais décrient la qualité des réseaux des opérateurs téléphonie mobile, sans compter les tarifs élevés des services. Quelle politique compte mener l’ARTP ?

Ces récriminations sont fondées. Le constat de la détérioration de la qualité des communications est, en effet, patent. Des moyens juridiques existent pour combattre ce fait par l’application de sanctions financières. Cela procède d’une chaine de compétences et de prérogatives séquencée. Des procédures sont en cours, et le Collège de l’ARTP entend prendre ses responsabilités, lorsque viendra son heure d’entrer en action.

Restons avec l’ARTP. D’après les organisations qui s’activent dans le secteur, vous ne donnez aucune suite aux réclamations déposées sur la table de la Direction Générale. Qu’en dites-vous ?

J’en dis juste que je ne suis pas le Directeur Général ni de la Direction générale.

Les conditions d’attribution du contrat d’affermage de la gestion de l’eau à Suez alimentent les débats. Certains soupçonnent des pots de vin. Ce n’est pas gênant pour vous ?

Je ne suis gêné en rien. Pourquoi le serai-je, sauf à considérer que toutes accusations de ce genre seraient des preuves établies ? Les autorités en charge de la gestion de l’eau, qui mènent la procédure, sont plus outillées pour répondre.

Le Président MackySall a effectué des dépenses de prestiges avec l’acquisition des avions A 330 NEO coûtant excessivement chers. Air Sénégal SA c’est son ami Philippe Bon, la Caisse de dépôts son frère Aliou Sall… C’est ça, selon vous, la gestion sobre et vertueuse ?

J’espère que vous ne reprochez pas au Président Sall des acquisitions d’avions de qualité pour notre pays le Sénégal ? Ce serait le comble !

Il y aurait dans ce pays des gens pour critiquer le chef de l’Etat parce qu’il n’aurait pas acheté de vieux avions d’occasion prétendument moins chers ? Faire le contraire de ce qu’a fait le Président Macky Sall ce serait exposer notre pays à des drames comme le Joola pour ensuite s’en prendre au destin, ce qu’à Dieu ne plaise…

Source : Seneweb

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