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Etiam (*) !

CHRONIQUE – Monsieur le garde des Sceaux, disons-nous les choses. Et une bonne fois pour toutes. Certes, avec respect, mais sans complaisance aussi.

La récréation est terminée. Il est grand temps de le savoir et de passer à autre chose. De plus consistant, de plus conséquent. De plus mâture surtout. Autrement dit, apporter les réponses socio-économiques souhaitées et attendues, bien plus par les populations sénégalaises que le peuple qui est un concept beaucoup plus complexe. Pour s’en convaincre, il suffit d’analyser les résultats de la présidentielle du 24 février dernier. Mais comme nous le savons tous, une nation ne se construit pas en 59 ans. Aussi, nous contenterons-nous d’en apporter plutôt les solutions qui nous sont de toute façon obligatoires parce qu’incontournables. Nous ne pouvons nous y soustraire !  Pouvoir, opposition, société civile.

Comme le pensent et le soutiennent de plus en plus mes compatriotes franchement dégoûtés des débats indigestes qui polluent leurs quotidiens, le Sénégal n’est pas une République des juristes dont   l’interprétation juridique est le moteur.

Vous répondriez probablement : « Mais, la Constitution adoptée par les Sénégalais le 20 mars 2016 dit en son article 27 que la durée du mandat du président de la République est de 5 ans. Nul ne peut faire plus de 2 mandats consécutifs». Et que c’est de manière tout à fait naturelle et en connaissance de cause que vous pensiez, récemment, dans une interview accordée au quotidien Enquête qu’«en principe, c’est le deuxième et dernier mandat du chef de l’Etat». D’accord !

En effet, toute autre déclaration par vos soins, aurait surpris et en aurait dit long sur le spécialiste de la matière constitutionnaliste que vous êtes. Mais, bien sûr qu’en droit, là où le principe se convoque, débarque aussi l’exception. Oui, ce n’est pas à vous, chevronné du droit, qu’on va l’apprendre.

Mais voyez-vous, nous avons de la mémoire et particulièrement pour ce qui vous concerne.

Il se trouve que vous n’avez pas toujours été ministre de la Justice et vous ne l’étiez pas au moment ou le président Macky Sall recevait la mouture de cette Constitution.

Question pour le défendeur de notre liberté que vous avez été en 2012 quand Me Wade voulait briguer un troisième mandat. Comment le conseiller juridique  que vous étiez du Président Sall a-t-il pu laisser passer une telle formulation, sans en apporter la correction nécessaire, si tant est la volonté réelle du président Sall était de réduire et de préciser définitivement et clairement la réduction à 2 mandats consécutifs et uniques qui plus est dans une vie.

Pourquoi pas ?

C’est donc sciemment que vous utilisez le mot principe, parce que vous savez qu’il est possible, du point de vu du droit et des interprétations juridiques, pour le Président Sall de briguer un troisième mandat.

Cela ne fait l’ombre d’aucun doute. Vous accréditez cette possibilité pour ne pas dire thèse juridique en l’inscrivant dans l’ordre du principe qui n’est jamais rétroactif quand bien même il y aurait des exceptions.

Après le dédit présidentiel par voie constitutionnaliste, au mépris de la voie référendaire et populaire, de la promesse de ramener le mandat de 7 ans 5 exprimée en 2012 et dont la question avait commencée à être débattue dès 2013, nous revoilà, à peine, la présidentielle de février consommée, à défendre, comme le disaient les Latins (adhuc sub judice lis est) la thèse d’un 3e mandat.

Doit-on en être surpris !

Ballon de sonde ou pas, nous voilà avertis ! Tous. Mais disons les choses. Vous ne rendez pas service à Macky Sall. Mais alors là, vraiment pas !

Charles FAYE/IGFM

(*) Que nenni !

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