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Ciment : augmentation de 3500 F du prix à la tonne

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CIMENT – L’augmentation du prix de la tonne de ciment de l’ordre de 3500 francs CRA enregistré depuis quelques jours sur le marché chez les producteurs nationaux Sococim, Dangoté et avec 500 francs de moins chez les Ciments du Sahel, se justifie par l’augmentation du coût des intrants et du fuel sur les marchés internationaux, selon les producteurs.

Cette augmentation survient quelques mois après une première tentative à laquelle le ministère du Commerce avait apporté une réponse rapide en exigeant un repli sans concession des producteurs. Selon leur version rapportée par la presse, les cimentiers ont adressé une correspondance au ministre du Commerce, Alioune Sarr pour l’informer de leur décision.

Ils n’ont pas eu de retour. Ni du ministre du directeur du Commerce intérieur Ousmane Mbaye. Sans attendre, les industriels ont unilatéralement procédé à la hausse du prix du ciment, fait savoir iGFM, faisant remarquer que du côté de la tutelle, c’est le « silence radio ».

Dans le quotidien L’AS, le président de l’Ascosen Momar Ndao dénonce « la hausse unilatérale du prix du ciment », mais aussi « l’inertie du gouvernement sur cette question ». Il dit au journal qu’il a « personnellement saisi le ministère du Commerce qui a choisi de fermer les yeux ».

A en croire un économiste, cette situation haussière ne doit surprendre ni le gouvernement, ni les opérateurs économiques et consommateurs. « La dégradation de la situation économique internationale d’une ampleur assez forte en raison de l’effet cumulé de certains facteurs (énergie, pression fiscale) est très défavorable à nos Etats à faible revenu et à forte croissance démographique », disait-il en juin dans une tribune.

« Il faut se résoudre à admettre que nous allons vivre, de plus en plus, dans une situation inflationniste mondiale qui va créer une tension sur le budget de l’Etat et une tendance haussière sur les prix intérieurs.

Cette variation assez sensible des prix internationaux des biens et services est due à l’effet conjugué de deux facteurs principaux : D’une part ; le renchérissement du cours du baril du pétrole qui est passé de 54 dollars us le baril à un passé récent à 74 dollars actuellement ; D’autre part ; L’aggravation de la pression fiscale internationale sur les biens et services à la suite de la prise de mesures protectionnistes du président Donald Trump et des réponses de réciproques des pays comme le Canada, la Chine ou l’Union européenne. », expliquait le même économiste.

« La dégradation de la situation économique internationale d’une ampleur assez forte en raison de l’effet cumulé de ces deux facteurs principaux (énergie, pression fiscale) est très défavorable à nos Etats à faible revenu et à forte croissance démographique, vulnérables de surcroit aux chocs exogènes. », précisait-il.

Pour en venir à la non-intervention de l’Etat sénégalais, elle pourrait s’expliquait par le fait que l’industrie du ciment, comme souvent ailleurs dans le monde, répond aux mêmes règles que n’importe quelle industrie, compte non tenu des taxes spéciales qui pourrait lui être imposées en fonction des politiques sociales déclinées par l’Etat sénégalais.

Il importe cependant de faire remarquer, qu’au Sénégal comme ailleurs en Afrique, la vente du ciment s’exécute dans le cadre d’un négoce dans lequel opère plusieurs acteurs. Le cimentier n’a pas toujours un accès direct aux entrepreneurs, ce qui favorise une hausse encore plus conséquente du fait de la marge des intermédiaires. Il s’y ajoute le nombre faible de producteurs et leur répartition au Sénégal. Tous les trois sont quasiment dans la même zone géographique. Ce qui leur ouvre une porte de domination devant laquelle l’administration Sall d’obédience libérale n’a que peu de moyen d’autant qu’elle se doit de s’appliquer la règle de non-intervention, compte tenu du secteur qui fait face à des impacts conséquents des cours du marché international.

La tendance haussière nationale pourrait s’accélérer si le gouvernement Dionne n’anticipe pas sur les prévisions internationales qui évoquent des augmentations tous azimuts dans le secteur alimentaire, de l’énergie, santé, etc.

Maderpost 

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