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Appartient-il à l’autopsie de statuer sur la cause de la mort du douanier ?

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DISPARITION – Les conclusions de l’autopsie du corps du chef de la Brigade spéciale de l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) Cheikhou Sakho, révélant  « une mort par suicide », selon iGFM ce lundi, posent un problème dans la mesure où elles entraînent des conséquences juridiques réelles.

La famille du douanier ne veut pas l’entendre: « Fervent musulman, qui a effectué le pèlerinage à la Mecque et qui s’entendait bien avec toute sa famille, n’aurait abrégé sa vie », dit-elle à iGFM.

« Je ne l’ai pas ici (il parle dudit certificat), mais il y est dit qu’il s’est suicidé par balle dans la bouche. Il parait que la balle n’a pas été retrouvée. On m’avait dit qu’une expertise balistique sera faite. Non, jamais ! C’est moi qui ai éduqué Cheikhou. Je le connais. Je ne vois pas pour quelle raison il se suiciderait. Quand on met un terme à sa vie, c’est qu’on a des problèmes de famille, au travail ou d’argent. Ce n’est pas le cas. Il s’entend avec tout le monde dans sa famille, au travail. Il est le cadet de la famille, mais il aidait tout le monde », dit Serigne Gaye, oncle du douanier à du site d’information.

Il est surprenant que l’examen du cadavre dont le but est de déterminer les causes de la mort du douanier conclut à une « mort par suicide », pour la simple raison que la conclusion a des conséquences judiciaires réelles mais aussi parce qu’il ne revient pas au médecin légiste de statuer sur la cause suicidaire de la mort qu’il constate. C’est à la justice, et principalement au procureur de la République de le faire en diligentant une enquête de police ou de gendarme afin de réunir les témoignages et indices matériels qui vont compléter l’examen du médecin.

Il est question de mort par balle et d’une arme dont il n’est pas dit si elle appartenait à la victime ou pas, encore moins sa marque, son calibre, etc.

Auditionnée par la police dans le cadre de l’enquête, Mme Sakho née Seck, n’est pas une ex-épouse mais mariée depuis 20 ans au défunt selon un membre de sa famille qui a regretté le « lynchage médiatique » et la « légèreté d’une certaine presse qui a fait dans la fiction ».

Comme beaucoup d’autres personnes dans une telle situation, les proches sont toujours confrontés aux policiers ou gendarmes et souvent de façon douloureuse, accroissant ainsi leur traumatisme. Un frère de Mme Seck de regretter que la presse ne fasse pas la différente entre une audition et une arrestation.

Comme le dit un spécialiste à Maderpost, l’enquête est « utile pour écarter toute possibilité de mort criminelle en suicide. Les éléments matériels et les témoignages seront réunis afin de connaître de façon certaine les causes de la mort, d’en préciser les circonstances et d’éliminer toute autre hypothèse que celle du suicide. »

Maderpost

 

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